Le portrait « Si je reste j’y laisse ma peau », traitant des violences conjugales, illustre une volonté d'incarner l'action publique à travers le récit humain. En choisissant la parole d'une victime plutôt qu'une présentation institutionnelle des dispositifs, la collectivité cherche à rendre perceptibles les mécanismes complexes de l'emprise. Structuré autour d'une narration en trois temps – l'engrenage, le déclic et la reconstruction –, ce témoignage anonymisé et sécurisé vise un double objectif : aider les victimes et leur entourage à décrypter l'emprise tout en démontrant, par la preuve, l'existence de solutions concrètes sur le territoire. Ce projet s'inscrit dans une stratégie plurimédia où l'impact du récit écrit est prolongé par des contenus digitaux et audiovisuels pour permettre une profondeur de lecture et une sensibilisation accrue.
Publication lauréate du prix de la Plume d'or au Prix de la presse et de l'information territoriales 2026
Présentation
Fiche d'identité
- Destination de la publication : Externe
- Périodicité : 3 fois par an
- Tirage : 37 000 exemplaires environ
- Année de la création : 2017
- Année de la refonte : 2023
- Utilisation de dessins de presse : non
- Utilisation de la publicité : non
- Quel est le mode de distribution de la publication ? Dans les boites aux lettres des habitants et entreprises (La Poste) + accueils des mairies (distribution interne)
- L’impression est-elle certifiée ou labellisée éco-responsable ? Oui. Papier certifié FSC et EcoLabel Européen
Trois caractéristiques principales de la publication
- Une maquette dynamique et structurée offrant plusieurs niveaux de lecture. La Une est pensée afin d’interpeller immédiatement qui correspond aux codes de la presse magazine.
- Une ligne éditoriale incarnée qui se veut pragmatique proche des lecteurs et de leurs préoccupations
- Un positionnement singulier : la collectivité a fait le choix de ne pas recourir à l’édito pour davantage valoriser ceux qui font vivre le territoire (habitants, associations, entreprises) afin de renforcer le sentiment d’appartenance et la proximité avec les lecteurs.
Ligne éditoriale
Le projet éditorial
- Le choix éditorial privilégie les formats incarnés : les interviews, les verbatims (par exemple en intertitre), les témoignages (par exemple le mode « 3 questions à… »), les citations au sein des articles, etc. Cette approche permet de rendre les politiques publiques plus concrètes, compréhensibles et proches des habitants.
- Le magazine se positionne comme un reflet fidèle à la réalité. Il privilégie le portrait-photo, la présence humaine dans les photos et contribue ainsi à renforcer le sentiment d’appartenance.
- Le magazine informe sur ses projets, compétences et problématiques locales. La communication de la collectivité s’inscrit dans un écosystème global qui associe le print, web, réseaux sociaux et contenus audiovisuels. Le magazine constitut une porte d’entrée éditoriale qui se prolonge par des formats digitaux.
Le dossier consacré aux dispositifs mis en place par notre collectivité et ses partenaires pour lutter contre les violences conjugales et intrafamiliales, illustre parfaitement la démarche éditoriale du magazine. Le choix d’ouvrir le sujet par un portrait s’est imposé rapidement. Après un premier travail d’information sur les ateliers d’accompagnement, il nous a semblé plus pertinent d’aborder le sujet à travers la parole d’une victime. Le récit incarné permet en effet d’illustrer des réalités difficiles à percevoir de l’extérieur.
Après des échanges avec le CISPD et la psychomotricienne qui anime ces ateliers, trois femmes ont accepté de partager leur histoire. Trois témoignages ont donc été recueillis, puis structurés selon une narration en trois temps : l’engrenage, le déclic, la reconstruction, permettant de donner une lisibilité au parcours. Ce sujet a mérité un double traitement répondant à notre logique éditoriale : le print pour l’impact et la synthèse, le digital pour la continuité de lecture et l’audiovisuel avec un motion design pour l’approfondissement. La série est accessible ici : https://www.pornicagglo.fr/violences-conjugales-1-3-quand-lechiquier-se…
La collecte de la parole a été réalisée en lien étroit avec les professionnels accompagnant les victimes, afin de garantir un cadre sécurisant pour les personnes ayant accepté de témoigner. Le choix de l’anonymat s’est imposé afin de garantir la sécurité de la personne ayant accepté de livrer son histoire. L’enjeu de ces portraits était double : permettre aux femmes concernées et à leur entourage, de comprendre les mécanismes de l’emprise, et montrer que des solutions existent sur le territoire.
Le traitement de ce dossier répond ainsi à un objectif central de la presse territoriale : informer sur les dispositifs publics tout en incarnant les politiques menées à travers des parcours humains.
Choix graphiques
La maquette, l'iconographie et la conception graphique
Le format du magazine (19 x 25 cm), favorise la prise ne main et une lecture accessible. Le choix d’un 24 pages permet de développement des contenus éditoriaux riche sans nuire au confort de lecture. L’iconographie occupe une place centrale avec le recours à de grandes photos notamment en Une et en ouverture de certaines rubriques, la valorisation des portraits pour incarner les sujets et la cohérence avec la ligne éditoriale centrée sur l’humain.
La Une
Face à un sujet sensible, nous avons choisi d’éviter toute représentation « clichée » ou choquante. L’objectif était de suggérer plutôt que montrer, afin d’inciter à la lecture tout en respectant la dignité des victimes.
Nous avons choisi cette direction artistique : Comment montrer des violences subies sans les voir ? L’intention de départ pour la création était de traduire visuellement les mécanismes des violences psychologiques et psychiques. Le travail s’est appuyé sur :
- un portrait photo en noir et blanc renforçant l’intemporalité et l’authenticité
- un processus de déconstruction/reconstruction de l’image avec le découpage en bandes puis recomposition
- par une mise ne scène évoquant à la fois la fragmentation identitaire et le chemin de la reconstruction
Pour se faire, nous avons choisi 2 photos de femmes en noir et blanc avec un regard de face qui nous fixe et un regard de côté fuyant. Nous avons imprimé, découpé en bandes verticales les 2 portraits. Chaque bande a la même largeur. C’est un travail de destruction prémédité, minutieux et orchestré. La composition de la Une a été précise et méthodique avec le placement des bandes qui évoque la reconstruction laissant malgré tout des traces.
Ensuite, nous l’avons prise en photo de dessus, et avons retravaillé les contrastes pour conserver les volumes des bandes et cette notion de découpage.
Cette approche artistique produit une image forte, symbolique et mémorable qui interpelle sans heurter.
Fabrication
Moyens financiers
Budget global de la publication sur une année : 80 000 € pour 3 numéros par an
Estimation du prix d’un numéro par habitant : 0,74 €
Moyens humains
- La maquette est réalisée : En sous-traitance
- La rédaction est réalisée : En interne
- La mise en page est réalisée : En interne
- Les photographies sont réalisées : En interne
- Nombre de personnes mobilisées en interne (en équivalent temps plein) : 5 ETP
- Intervention d’une (ou plusieurs) agence(s) : Anima Productions pour la conception de la maquette
Évaluation
Pas d'enquête de lectorat ou de dispositif d’évaluation de la publication mis en place.