Les communications de l’État en quête de la « notoriété pudique »
Réunis le 16 juin pour leur séminaire annuel et la remise de leur prix, les communicants de l'État ont réfléchi ensemble à la construction d’une communication publique plus sobre, plus cohérente et plus durable.
La 5e édition du séminaire annuel des communicants de l'État, organisée à la Cité universitaire internationale de Paris par le Service d'information du gouvernement (SIG), s'est tenue quelques mois après l’annonce fin 2025 d’un moratoire puis d’une réforme de la communication étatique. Dans son propos liminaire, Michaël Nathan, directeur du SIG, a souligné le caractère structurel de cette réforme. « Dorénavant, nous nous concentrons sur une nouvelle étape de mise en cohérence de la narration au service d’une compréhension plus forte, plus fine et surtout plus précise vis-à-vis des citoyens, construite collectivement », a-t-il expliqué pour introduire ce séminaire 2026 intitulé « La notoriété pudique ». Derrière le jeu de mots, l’ambition est de « chercher la trace laissée dans la durée plutôt que le bruit ». Comment reprendre le pouvoir sur les algorithmes et exploiter celui des nouveaux récits ? Tour à tour, une intervention et une table ronde ont exploré des pistes pour faire émerger la parole publique dans un environnement saturé sans céder au bruit ambiant.
« French Response », lauréat des 2es Prix de la communication de l’État
Ce séminaire s’est achevé avec la remise des Prix de la communication de l'État 2026. Pour cette deuxième édition, le réseau des communicants publics était représenté au sein du jury par Anne-Caroline Poincaré, directrice de la communication de la ville du Chesnay-Rocquencourt et membre du Comité de pilotage de Cap’Com.
Le ton décalé, réactif et offensif du compte X French Response du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a remporté le Grand Prix de la communication de l’État 2026. Ce dispositif de riposte informationnelle face à la désinformation est l’outil qu’il manquait pour « préciser nos lignes, ne pas laisser nos intentions ni nos messages être déformés, et le faire en temps réel », a expliqué Marie-Doha Besancenot, conseillère communication stratégique au cabinet du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, en recevant le prix. Un outil « animé par un désir de pédagogie qui doit sans doute son succès à un esprit très français appliquant les règles de la logique : montrer du doigt les intentions, les démarches, la rhétorique des adversaires pour pouvoir mieux les dénoncer ».
Le jury a également décerné un prix « Coup de cœur » à la campagne « Avec Vice-Versa, parlons santé mentale ! » pour « sa simplicité, sa justesse sur un sujet qui nécessite de sensibiliser sans être anxiogène », a salué Cécile Lejeune, présidente de Kantar France et membre du jury.
Fruit d’un partenariat entre Disney et le gouvernement, la campagne a impliqué plusieurs ministères et directions dont celui de l’Éducation nationale qui a fait de la santé mentale l’une de ses priorités, comme l’a confirmé son ministre Édouard Geffray venu clore le séminaire. « Vous ne pouvez pas concevoir une politique publique si vous ne concevez pas la façon dont vous allez l’expliquer au public », a-t-il souligné.
Aux communicants qui sont « à la fois dans l’ombre et au feu », il a rappelé leur rôle pour insuffler de l’espérance face aux tentatives de fracturation. « C’est un principe unificateur infiniment puissant que de servir l’intérêt général. [...] Chaque fois que vous le faites, chaque fois que vous mettez cette dose de bonne humeur que seule la communication peut apporter, vous ranimez l’espérance [...] et vous éclairez l’horizon d’une idée, d’un principe, d’un pays qu’on appelle la France. »
Crédit photo : Service d'information du gouvernement (SIG).