Nouveau mandat, nouveaux logos
Voilà six mois que les élections municipales sont passées, et de nouvelles identités visuelles commencent à voir le jour dans les collectivités. Observons les premières tendances et quelques exemples de refonte graphique.
Par Damien Pfister, directeur de la communication de la ville de Villeparisis, membre du Comité de pilotage de Cap'Com.
Des premières tendances dans les changements d’identité graphique
Ces derniers mois, pas moins de 137 villes ont dévoilé leur nouveau visage graphique. Cette veille – non exhaustive – de début de mandat laisse déjà entrevoir quelques tendances dans l'évolution de leur identité visuelle.
Du logo au blason et vice versa
30 villes qui avaient un logo ont désormais un blason.
25 villes qui avaient un blason ont désormais un logo.
Des premières identités
19 villes n'avaient ni logo ni blason.
Le recours à l'IA
8 villes (dont 5 ont moins de 500 habitants – voir les premiers logos ci-dessus) ont « officiellement » utilisé l'IA pour réaliser leur logo ou blason.
La traduction graphique de l'alternance politique
13 villes qui avaient changé de logo/blason sous le mandat précédent ont à nouveau changé suite à une alternance politique.
5 ont fait le choix de « juste » changer la couleur de leur logo.
Ces tendances se confirmeront-elles dans les prochains mois ? Nous aurons certainement l'occasion de le vérifier plus en détail. Mais en attendant, petite sélection des rebrandings territoriaux intéressants.
Quelques exemples de refonte post-élections
Saint-Romain-Lachalm (Haute-Loire) - 1 154 habitants
À Saint-Romain-Lachalm, la réflexion sur l'identité visuelle entamée en 2025, avant le scrutin, a abouti au choix, parmi plusieurs propositions, de la création de Thomas Boucon, concepteur designer habitant la commune, rapporte Le Progrès. « Un logo rectangulaire contenant des lignes qui dessinent la silhouette du château local et suggèrent, par leurs courbes, des dénivelés, des cours d’eau ou encore une empreinte digitale, symbole d’une identité et d’un héritage transmis… » remplace donc depuis début mai 2026 celui à la ligne de sapins bleus qui identifiait la ville depuis les années 1980. « Ce nouveau logo s’accompagne du slogan “Terre de souvenirs” et d’une typographie créée spécifiquement pour l’occasion », précise le quotidien.
Mormoiron (Vaucluse) - 1 884 habitants
« Inspiré par le mont Ventoux, notre lac, nos terres d’ocres et nos cultures, ce logo est une composition naturelle et vivante », explique l'Atelier Graphique, qui a réalisé la nouvelle identité graphique du village. Il détaille la signification des couleurs :
- le vert : la vie, les cultures, les saisons qui rythment notre territoire ;
- le rouge : le souffle du Ventoux, la chaleur du soleil, la force du vin ;
- l’ocre : la terre, l’histoire, l’empreinte minérale unique de Mormoiron ;
- le bleu : le lac, les moments de pause, l’attractivité et le lien qui nous unit.
Le logo adopte « une typographie élégante et affirmée qui puise son caractère dans l’histoire et le patrimoine de Mormoiron, une véritable signature de territoire ».
Petite-Rosselle (Moselle) - 6 171 habitants
« Le logo met en valeur le puits Saint-Charles et son chevalement bleu, repère patrimonial majeur et symbole incontournable du passé minier de la commune. Il évoque également la Rosselle, rivière paisible qui borde la ville et participe pleinement à son identité géographique et paysagère », explique la ville de Petite-Rosselle.
« Ses lignes simples, homogènes et épurées garantissent une excellente lisibilité. Facilement identifiable et reproductible, ce nouveau symbole constitue une signature visuelle moderne, forte et durable.
Poulx (Gard) - 4 348 habitants
Sur son site, la ville de Poulx explique la démarche créative de son logo. « Cela s’est construit autour d’une idée simple : révéler l’identité profonde d’une commune ancrée dans la garrigue, entre tradition, paysage et douceur de vivre. Le logo traduit cette singularité par des formes souples et harmonieuses. Les courbes rappellent les collines, les chemins et les mouvements doux de nos paysages.
Les couleurs choisies s’inspirent directement de la nature méditerranéenne : la terre, la végétation, le soleil et la pierre. Le bleu très foncé a été retenu pour apporter un registre institutionnel et sobre, tandis que les teintes complémentaires, plus proches de la nature, apportent vivacité, fraîcheur et modernité.
Sa silhouette discrète est surmontée de l’ange Bouffarel, détail emblématique qui vient souligner l’unicité de ce clocher et renforcer son caractère singulier. Ce signe patrimonial relie ainsi le passé au présent, dans une écriture contemporaine et accessible. »
Darnétal (Seine-Maritime) - 9 566 habitants
« Le nouveau visuel cherche à traduire l'énergie de la commune, tout en réaffirmant sa vision d'une ville durable et tournée vers l'avenir :
- la lettre D stylisée reprend les lignes naturelles et architecturales du territoire ;
- le bleu symbolise les deux cours d'eau emblématiques de Darnétal, le Robec et l'Aubette ;
- les nuances de vert évoquent la richesse des espaces naturels et de la vallée, notamment le bois du Rouge ;
- la courbe fait directement référence au patrimoine architectural (les cinq viaducs et 16 ponts).
Le logo adopte la typographie moderne pour plus de clarté, accompagnée de la mention “Ville de” pour préciser le statut institutionnel. »
Trappes (Yvelines) - 34 689 habitants
« C’est un signe d’ouverture, de fraternité et de diversité, une invitation à l’échange et à la rencontre. Il dit la fierté d’être trappiste et donne le pouvoir aux habitants de la ville en les mettant au cœur de leur identité visuelle. Mais le logo n’est pas seul pour assumer cette mission. Il est accompagné de tout un lexique graphique : les différents personnages que nous avons dessinés, les couleurs, les photos sont conçus pour contribuer à installer un territoire visuel cohérent sur tous les supports de communication. »
Les prochains mois verront à coup sûr fleurir de nouvelles identités visuelles. Et comme lors du précédent mandat, certaines s'imposeront comme une évidence graphique et stratégique, tandis que d'autres feront davantage débat... C'est aussi ce qui fait la richesse et la vitalité de la communication publique ! Une chose est sûre : le design territorial n'a pas fini de se renouveler, entre retours d'expérience, évolutions politiques et innovations.